
Protection des publics
Reconnaître, prévenir et signaler toutes les formes de violence dans le volley-ball : le guide du comité pour les clubs, les encadrants, les parents et les licenciés de Seine-Maritime.
Agir en cas de violence
Une violence peut être signalée par la personne qui la subit comme par celle qui en est témoin : joueuse ou joueur, parent, entraîneur, dirigeant, arbitre, bénévole. Un club informé d’une situation doit protéger la personne concernée et alerter sans attendre, même s’il n’a pas la certitude des faits : ce n’est pas au club d’enquêter.
En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 (le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes).
- 119 — Enfance en danger, 24 h/24, gratuit, n’apparaît pas sur les factures.
- 3919 — Violences faites aux femmes, anonyme et gratuit.
- 3018 — Harcèlement et cyberharcèlement des jeunes.
- 116 006 — Aide aux victimes, tous types d’infractions.
- signal-sports@sports.gouv.fr — cellule nationale du ministère des Sports, ouverte aux victimes comme aux témoins.
- signal-violences@ffvb.org — cellule de la Fédération Française de Volley.
Le comité vous accompagne dans ces démarches, en toute confidentialité : écrivez à contact@cd76vb.fr.
Prévenir dans votre club
- Désigner un référent intégrité dans le club, afficher son nom et son contact.
- Vérifier l’honorabilité de tous les encadrants, bénévoles et arbitres : le contrôle est automatique dès que la licence indique la fonction exercée.
- Éviter les situations d’isolement d’un adulte avec un mineur : vestiaires, douches, transports, hébergements, soins.
- Encadrer les échanges en ligne : groupes de discussion collectifs, jamais de messagerie privée entre un adulte et un mineur.
- Demander une autorisation écrite avant toute photo ou vidéo d’un mineur, et ne jamais publier d’image permettant de l’identifier sans accord.
- Afficher au gymnase les numéros d’urgence et l’adresse de la cellule Signal-sports : c’est une obligation d’affichage.
- Former les encadrants, et informer les parents en début de saison des règles de vie du club.
- Réagir aux « petites » dérives : blagues sexistes, surnoms humiliants, bizutage. Elles installent le climat qui rend les violences possibles.
Reconnaître les violences
Les violences ne se limitent pas aux agressions physiques ou sexuelles. Toutes celles qui suivent peuvent survenir dans un club, un stage ou un déplacement, et toutes doivent être signalées.
- Violences sexuelles — viol, agression sexuelle, attouchement, exhibition, propos ou images à caractère sexuel, sollicitation en ligne. Sur un mineur de moins de 15 ans, il n’y a jamais de consentement possible. Entre un adulte ayant autorité (entraîneur, dirigeant) et un mineur, la loi est plus sévère encore.
- Violences physiques — coups, gifles, bousculades, contention, entraînement imposé comme punition, privation d’eau, de repas ou de soins.
- Violences psychologiques — humiliation publique, insultes, cris répétés, dévalorisation, menaces, mise à l’écart, chantage à la sélection ou au temps de jeu.
- Harcèlement et cyberharcèlement — propos ou comportements répétés qui dégradent les conditions de vie de la personne, y compris dans les groupes de discussion de l’équipe et sur les réseaux sociaux.
- Bizutage et rites d’intégration — faire subir des actes humiliants ou dégradants lors d’un accueil, d’un stage ou d’un déplacement est un délit, même avec l’accord apparent de la personne.
- Discriminations — propos ou décisions fondés sur le sexe, l’origine, la religion, le handicap, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Le sexisme ordinaire en fait partie.
- Négligences et mises en danger — mineur laissé sans encadrement, transport ou hébergement non conforme, blessure ignorée, retour au jeu après un choc à la tête.
- Emprise, dérives sectaires et radicalisation — isolement de la personne de sa famille ou de son groupe, exigence d’obéissance totale, discours excluant.
- Pressions sur le corps — remarques ou consignes sur le poids et l’alimentation, pesées publiques, incitation au dopage ou à jouer blessé.
Que faire si je suis témoin ou victime
Vous n’avez pas à établir la vérité ni à mener une enquête : votre rôle est de protéger et de transmettre.
- Mettre la personne en sécurité. Séparer la personne concernée de celle qui est mise en cause, sans confrontation. Si le danger est immédiat, appeler le 17 ou le 112.
- Recueillir la parole simplement. Écouter, ne pas mettre en doute, ne pas faire répéter, ne pas poser de questions qui suggèrent la réponse. Dire que vous la croyez et que vous allez transmettre.
- Ne rien promettre de secret. Expliquez que vous avez l’obligation d’alerter : c’est une protection, pas une trahison.
- Écrire les faits. Le jour même : qui, quand, où, ce qui a été dit et constaté, avec les mots employés. Conserver les messages, captures d’écran et échanges.
- Signaler. Au dirigeant du club et au référent intégrité, au comité (contact@cd76vb.fr), à la cellule du ministère (signal-sports@sports.gouv.fr) et à celle de la fédération (signal-violences@ffvb.org). Un signalement peut être fait auprès de plusieurs de ces interlocuteurs en même temps.
- Protéger pendant la procédure. Éloigner la personne mise en cause de toute activité auprès des publics concernés en attendant les décisions administratives et judiciaires.
Ce qu’il ne faut pas faire : attendre d’avoir des preuves, régler l’affaire « en interne », prévenir la personne mise en cause, demander à la victime de se taire pour préserver le club, ou confronter les personnes entre elles.
Toute personne qui a connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’agressions sexuelles subis par un mineur ou une personne vulnérable doit en informer les autorités. Ne pas le faire est un délit puni par la loi (article 434-3 du code pénal).
À qui s'adresser
- Dans le club — le référent intégrité et le président. Ils doivent transmettre au comité, à la fédération et au ministère.
- Au comité de Seine-Maritime — Vincent Damé, agent de développement, référent protection des publics : contact@cd76vb.fr. Écoute, orientation et accompagnement du club, en toute confidentialité.
- Fédération Française de Volley — cellule de signalement : signal-violences@ffvb.org. Elle peut engager une procédure disciplinaire indépendante de la procédure judiciaire.
- Ministère des Sports — cellule Signal-sports : signal-sports@sports.gouv.fr. Elle saisit le procureur et fait vérifier les faits par les services de l’État, qui peuvent interdire à une personne d’encadrer.
- Services de l’État en Seine-Maritime — le SDJES (service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports) suit les établissements d’activités physiques et sportives du département.
- Justice — plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Une plainte peut être déposée même longtemps après les faits : pour les violences sexuelles sur mineur, les délais de prescription sont allongés.
- Écoute et accompagnement — 119 (enfance en danger), 3919 (violences faites aux femmes), 3018 (harcèlement et cyberharcèlement), 116 006 (aide aux victimes).
Parents : ce qu'il faut savoir
Quelques repères pour les familles : un club qui protège affiche le nom de son référent, ne laisse jamais un adulte seul avec un enfant dans un vestiaire, demande votre autorisation pour les photos, et vous informe des règles de vie en début de saison.
Signes qui doivent alerter : refus soudain d’aller au gymnase, repli, troubles du sommeil, changement de comportement, relation exclusive avec un adulte du club, cadeaux ou messages privés répétés. Ces signes ne prouvent rien à eux seuls, mais ils justifient d’en parler.
Vous pouvez contacter directement le comité (contact@cd76vb.fr) sans passer par le club, et appeler le 119 à tout moment.
Parler à quelqu'un
Le comité vous écoute et vous oriente, en toute confidentialité.
